Le 1er juin dernier se tenait ma rencontre avec le comité consultatif Femmes en développement de la main-d’œuvre. Bien entendu, nous avons abordé le thème du maintien en emploi en nous attardant plus particulièrement aux divers enjeux touchant plus particulièrement les femmes. Cela dit, je vous propose un survol de nos discussions qui met l’accent sur les importantes distinctions à faire entre les mesures qu’on peut qualifier de mixtes et celles qui doivent être ciblées.
Premièrement, existe-t-il des différences quant à l’enjeu du maintien en emploi entre femmes et hommes? Bien évidemment, monsieur Boutin! En fait, on peut noter plusieurs indices qui illustrent bien les différences, par exemple la plus grande difficulté pour les femmes d’accéder au marché du travail. Effectivement, dans certains cas, ces dernières accepteront des emplois avec une plus grande précarité et un salaire plus bas.
De plus, pour plusieurs raisons (ex. : congé parental, soins auprès d’un proche, etc.), leur parcours d’emploi est souvent discontinu. De ce fait, elles cumulent souvent moins d’ancienneté que les hommes qui occupent le même poste. Cela contribue nécessairement à créer l’iniquité salariale. Aussi, en cotisant moins longtemps à la régie des rentes du Québec, il est plus difficile pour ces dernières d’envisager une retraite à 65 ans.
Enfin, 9 fois sur 10, entre 45 et 65 ans, ce sont les femmes qui s’occupent des enfants, des petits enfants ou encore des ainés de la famille. Pour alléger le fardeau des femmes au travail, celles-ci ont besoin de services publics efficaces comme les centres de la petite enfance ou encore les soins à domicile. Le maintien en emploi des femmes est intimement lié au maintien de ces services.
Bref, pour toutes ces raisons évoquées ci-haut, je me permets de citer une participante qui affirmait que « les meilleures pratiques mixtes ne sont pas nécessairement les meilleures pratiques pour la main-d’œuvre féminine ». Certes, il est pertinent de procéder à une segmentation en fonction de l’âge, des secteurs d’activité et de la nature du travail puisque les enjeux varient en fonction des différents sous-groupes, mais on doit aussi considérer la segmentation entre hommes et femmes dans l’élaboration des futures politiques en matière d’emploi.
Parlant de politiques, quelles seraient les mesures potentiellement intéressantes à mettre de l’avant pour favoriser le maintien en emploi? À cette question, le comité a souligné l’importance que les travailleuses et travailleurs expérimentés accordent aux politiques de conciliation travail-famille. La grande majorité de la main-d’œuvre travaille dans les petites ou moyennes entreprises (PME). Trop souvent, ce type de politique n’existe pas. Une loi-cadre de conciliation travail-famille qui s’appliquerait également aux PME pourrait être considérée. De plus, les participantes ont souligné l’importance de procéder à de l’accompagnement professionnel. Sommairement, il s’agit de faire le bilan avec le travailleur, de discuter de ses plans pour l’avenir, de l’informer sur la retraite et ses implications et enfin d’adapter la formation à ses besoins. De plus, le comité a souligné l’importance de faire appel aux ressources existantes en employabilité. Trop souvent, on oublie de faire appel à certains groupes spécialisés en emploi même si ces ressources sont déjà disponibles et qu’elles bénéficient d’une expertise pouvant être payante tant pour employeurs qu’employés. Également, les participantes ont proposé la formation de groupes de travail constitués de travailleuses et de travailleurs d’expérience afin qu’ils puissent formuler, à leurs entreprises, des recommandations en matière de bonnes pratiques en ressources humaines. Finalement, le comité a insisté sur le fait que les principaux employeurs du Québec sont les PME. Il serait pertinent de mettre ces entreprises en réseau pour qu’elles puissent échanger sur les diverses pratiques pouvant être bénéfiques pour leur avenir et celui de leurs travailleurs.
Je conclus parce que je dois conclure, mais je pourrais facilement continuer sur cinq pages! Je tiens à remercier le comité consultatif Femmes en développement de la main-d’œuvre pour sa grande participation et son intérêt soutenu envers cette consultation.
VOX-POP