Le Québec devra faire une transition importante, passant d’une situation de surplus de main-d’oeuvre à un contexte de rareté de personnes disponibles pour travailler. Alors que jusqu’ici, on incitait les travailleurs expérimentés à partir tôt à la retraite pour faire place aux jeunes, il faudra dorénavant les inciter à demeurer un peu plus longtemps sur le marché du travail. [1]
Comme vous le savez, le vieillissement de la population est une réalité à laquelle le Québec doit continuer à s’adapter au cours des prochaines années. Ce phénomène entraînera plusieurs conséquences notamment dans le domaine de l’emploi.
En effet, nous constatons déjà une augmentation de prise de retraite, et ce, principalement en raison du vieillissement de la génération des baby-boomers. C’est pourquoi, dans certains secteurs, les effets de la rareté de la main-d’œuvre se font particulièrement sentir.
En se basant sur les projections de la Régie des rentes du Québec pour la période 2010-2019, « Pour prendre la relève des personnes retraitées et faire face à la croissance prévue de l’emploi, plus de 1,4 million de personnes devront entrer sur le marché du travail, dont les trois quarts pour remplacer celles qui le quitteront. »[2]
Une chose est sûre, pour s’adapter à ce phénomène, nous devrons trouver des moyens pour faciliter le prolongement de la vie professionnelle. Il s’agit d’un enjeu de taille, au cœur de nos réflexions collectives.
Le Comité consultatif 45 plus note que plusieurs propositions favorisant le maintien en emploi sont connues depuis longtemps, mais ne semblent pas être appliquées.
« Le Comité croit qu’il peut exister une certaine forme de déni de la part des acteurs économiques (employeurs, travailleuses et travailleurs de même que gouvernements) et pour cette raison, le Comité appuie entièrement la suggestion de la Commission nationale que soit tenu un grand débat public sur ce sujet. Ceci est d’autant plus important qu’aucune avancée dans le maintien en emploi, dans l’insertion ou la réinsertion au travail des personnes de 45 ans et plus ne pourra se faire sans l’adhésion et l’implication de tous les partenaires. Dans ce contexte, la décision de la Commission des partenaires du marché du travail de tenir une rencontre nationale des partenaires sur le maintien en emploi de la main-d’œuvre expérimentée est tout à fait pertinente.» [3]
DOCUMENTATION PERTINENTE
COMMENTAIRES SUR LE RAPPORT CNPMT
LES TRAVAILLEURS EXPÉRIMENTÉS: UNE RICHESSE POUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL
LA GESTION DE LA DIVERSITÉ DES ÂGES: PROBLÉMATIQUE, ENJEUX ET DÉFIS
LES TRAVAILLEURS VIEILLISSANTS ET LES PRATIQUES D’ARTICULATION EMPLOI-FAMILLE
COMMISSION NATIONALE SUR LA PARTICIPATION AU MARCHÉ DU TRAVAIL DES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS EXPÉRIMENTÉS DE 55 ANS ET PLUS
[1] Commission nationale sur la participation au marché du travail des travailleuses et travailleurs expérimentés de 55 ans et plus, Le vieillissement de la main-d’oeuvre et l’avenir de la retraite : Des enjeux pour tous, un effort de chacun, 2011, p.18
[2] Direction du Centre d’étude sur l’emploi et la technologie et de l’information sur le marché du travail d’Emploi-Québec, Le marché du travail au Québec, Perspectives à long terme 2010-2019, 2010, p.23
[3] Comité consultatif 45 plus. Avis du Comité consultatif sur le rapport de la Commission nationale sur la participation au marché du travail des travailleuses et travailleurs expérimentés de 55 ans et plus, 2011, p. 2